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Un chérubin houblonné

Pour la rentrée, nous vous proposons de découvrir une nouvelle brasserie .

Emblématique dans le monde de la brasserie sarthoise, la brasserie « Jolicoeur » a accepté de nous ouvrir ses portes pour que l’on puisse partager son histoire avec vous.

Tout d’abord nous avons voulu savoir d’où vient ce nom et ce logo angélique. Selon David, propriétaire et brasseur de la brasserie « Jolicoeur », l’idée lui est venue de sa mère qui le surnommait ainsi petit. Le chérubin représente l’image qu’elle devait avoir de lui.

Le brassage est une activité qui est devenue un métier en plein essor depuis quelques années grâce à des brasseurs passionnés. C’est avec un BTS en agroalimentaire que David a décidé de se lancer dans cette passion. C’est un parcours qui n’était pas commun car le marché de la bière artisanal était très limité. C’est pour cette raison qu’il a débuté au pays de la bière : la Belgique. Il a ensuite continué sa pratique au Québec, dans la Drôme puis à Paris avant de s’installer à son compte avec 20 ans d’expérience en Sarthe. Le choix de la Sarthe s’est révélé être un hasard.

Unité de production de Jolicoeur

Après avoir acquis l’expérience nécessaire à l’élaboration d’une bière de qualité , il était dans la continuité et logique de créer sa propre brasserie. Dans un premier temps le but était de pouvoir vivre de cette activité. L’objectif étant atteint, David souhaite désormais améliorer son confort de travail et déménager pour pouvoir doubler sa production. Il nous a d’ailleurs confirmé la réception de deux nouvelles cuves récemment.

Notre première interrogation ? Savoir si les bières « Jolicoeur » étaient modifiées une fois mises sur le marché ou si les recettes étaient définitives. Évidemment tout dépend de la satisfaction du brasseur, c’est pour cela que la blonde ou l’ambrée ont connu de légères modifications au cours du temps alors que les autres n’ont jamais bougé.

 David travaille avec des produits provenant de divers endroits en fonction des caractéristiques et du but recherché.

 On peut retrouver du malt français ou belge, du houblon provenant d’une coopérative alsacienne ou provenant d’Oregon au États Unis pour proposer des arômes complètement différents. L’eau provient du réseau mais, étant un élément important, David effectue un adoucissement et une déchloration. Pour ce qui est des bières fruitées, il travaille essentiellement à base de purée de fruits.

La conception d’une nouvelle recette peut prendre du temps, cependant, David parle d’expérience et nous confie lancer la production directement car il sait ce qu’il attend et arrive toujours à atteindre ce qu’il avait en tête. Ce savoir-faire lui permet ainsi de tester des bières éphémères. Il nous explique ainsi avoir déjà brassé une Jolicoeur dont la particularité était d’avoir du houblon frais cueilli la veille pour obtenir une couleur aromatique beaucoup plus vive. Cette bière étant réussie et faisant le bonheur à la fois du brasseur et des goûteurs il aimerait pouvoir la faire à nouveau lorsque le temps lui permet. Malgré sa réussite, la logistique pour obtenir le houblon frais étant plus complexe il n’en fait pas de manière régulière.

Parfois, certains clients demandent même une production qui leur est destinée.

Lors de la visite, nous avons été impressionnés par le nombre d’unités de production au vu de la gamme assez large (plus grande de Sarthe) et du travail effectué par le couple.

Saurez-vous trouver la Jolicoeur manquante ?

Contrairement à ce que nous pourrions penser, le large choix mis à la disposition du public est purement issu de la curiosité et de l’envie de David qui est toujours à la recherche de nouvelles choses, de nouvelles saveurs.

Concernant la concurrence sarthoise qui s’agrandit avec des acteurs comme « Mage malte », « la velue » ou encore les brasseries comme « Septente-deux », « Planète 9 » ou « corde raide », David nous confie les connaître mais, de par leur position géographique, ils ont chacun leurs clients et peuvent partager le marché sans se pénaliser les uns les autres .

Ce métier est pratiqué par  des passionnés car le brassage est une activité très chronophage. David dit : «  on est chacun dans le jus, on a pas beaucoup le temps de se voir mais on entretient des relations amicales ».

Si tout ceci vous a donné envie de goûter les bières de la « brasserie Jolicoeur », vous pouvez vous en procurer, bien évidemment dans les distributeurs de bières en Sarthe et dans les supermarchés mais aussi en Bretagne, Normandie, Pays de la Loire et à Paris.

David dirigeant et brasseur de la Jolicoeur

Pour se lancer et découvrir l’univers de « Jolicoeur », son brasseur vous conseille de commencer par la blonde, une bière légère (5% alcool/vol), rafraîchissante, parfaite pour un apéro mais qui peut aussi accompagner les différents mets de vos repas seul ou entre amis.

Pour les amateurs de bières artisanales, venez découvrir les bières dont David est le plus fier : l’IPA et la bière de Saison.

Soyez curieux et franchissez le pas pour découvrir de nouveaux horizons brassicoles !

Pour finir, en discutant avec David, nous avons retenu deux faits intéressants que nous voulions aussi partager avec vous.  

Vous avez peut-être déjà rencontré, pour les amateurs de bières stout notamment , des bières vieillies dans des fûts de whisky. Il existe aussi des bières vieillies dans des fûts de vin jaune. Malheureusement, contrairement aux fûts de whisky, les fûts de vin jaune sont plutôt “instables” et seulement ⅔ des bières vieillies dans ces fûts sont bonnes. C’est pour cela que c’est rare d’en trouver car le rendement n’est pas celui espéré.

Connaissez-vous le “Hopgun” ? C’est un processus de houblonnage à froid que l’on exécute en infusant le houblon sans le mettre directement dans la cuve mais dans un circuit fermé. Cette technique est utilisée pour avoir une dissolution plus homogène du houblon dans la bière et qui la rend bien plus aromatique.

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